Médecine et recherches criminologiques :

la dérive funeste de la fonction traditionnelle de science et de connaissance

 

Pr، Chahid SLIMANI

Enseignant-Chercheur. Faculté de droit de Meknès.

 

Résumé

En Italie la recherche criminologique a été dès le début associée à la médecine, prolongement d’une tradition clinique qui remonte à Cesare Lombroso. Mais la complexité du phénomène étudié, la révolution épistémologique et l’introduction de la méthode positive et expérimentale dans l’étude du criminel n’ont pas suffi pour éclairer certains médecins qui ont préféré sombrer dans la caricature et la stigmatisation, en négligeant complètement les facteurs sociaux de l’action criminelle et en instrumentalisant la fonction traditionnelle de  science et de connaissance pour des objectifs eugénistes et racistes.

Une approche scientifique sérieuse de la réalité criminelle n’a vu le jour qu’à partir du XIX siècle[1]. La réaction souvent sommaire et brutale de combattre le crime avant de le comprendre[2] ne répondait en aucun cas aux questions fondamentales que pose l’acte des criminels. Abaissé au rang ontologique d’une maladie, d’un microbe, d’une chose tout simplement, le criminel n’était plus qu’une nuisance à éradiquer au même titre que le choléra ou la peste[3]. Le droit pénal fut durant longtemps la seule réponse apportée par la société et ses institutions à la criminalité montante. Un siècle marqué surtout par les révolutions scientifiques et industrielles. Les sciences sociales par exemple ont fourni aux observateurs des méthodes et techniques  décisives[4] permettant de rompre définitivement avec les pratiques d’autrefois aveuglées par le seul jugement moral. La pluridisciplinarité de la criminologie[5] semble à la fois confirmer qu’il s’agit bien d’une science et en même temps infirmer la même thèse. La criminologie en empruntant à d’autres disciplines leurs données et méthodes, confirme l’idée qu’il ne s’agit pas là d’une nouvelle discipline scientifique autonome. Le recours à des sciences très diverses pour expliquer l’action criminelle découle toutefois de la complexité du phénomène étudié. Les « criminologies spécialisées » participent à un travail de recherche global qu’un seul chercheur érudit soit-il ne pourrait prétendre réaliser. La recherche criminologique repose incontestablement sur les acquis des autres sciences et disciplines comme la médecine, l’anthropologie, la biologie, la psychologie, la sociologie etc. Ces disciplines ont fourni à la criminologie plusieurs données importantes, et la criminologie leur a aussi emprunté plusieurs méthodes de recherche et constructions intellectuelles. La criminologie par son aspect multidisciplinaire, théorique et appliqué, s’impose ainsi légitimement comme une discipline-carrefour vers laquelle convergent toutes les connaissances sur le phénomène criminel[6]. Certes, l’apport de la médecine qui en fait partie, a été décisif que se soit sur le plan méthodologique, théorique ou pratique (I), mais certains médecins ont entaché cette complicité scientifique par leurs dérives souvent idéologiques. (II)

I. L’apport décisif de la médecine

Si en France la criminologie a été dès le début associée au droit, en Italie par contre, elle est le prolongement d’une tradition clinique qui remonte à Cesare Lombroso, alors qu’en Amérique du Nord, la tradition criminologique est nettement celle de la sociologie[7]. Une tradition qui a donné naissance à une criminologie dite appliquée s’occupant de domaines plus pratiques, à savoir : le traitement des délinquants, la prévention de la récidive et l’étude des moyens scientifiques de prévention de la criminalité.

  1. L’approche clinique

La branche la plus connue de la criminologie appliquée est la criminologie clinique. Il s’agit d’une discipline calquée sur la médecine[8] et qui occupe désormais un terrain, traditionnellement dévolu au droit pénal, c’est-à-dire préciser le degré de responsabilité d’un accusé, l’imputabilité d’un crime à une personne qui en était reconnue coupable etc. Pour  R. Gassin, l’expression de « criminologie clinique » est employée en criminologie dans deux sens différents : un sens large et un sens spécifique. Au sens large, la criminologie clinique désigne l’étude du phénomène individuel par opposition à la criminalité qu’étudie la « criminologie sociologique ». La criminologie clinique recouvre alors la partie de la criminologie théorique consacrée à la micro-criminologie, ainsi que ses applications pratiques. Au sens étroit, « elle consiste dans l’étude multidisciplinaire du cas individuel du délinquant en vue de la prévention de la récidive ; elle n’est alors que l’une des branches de la criminologie appliquée.»[9].

Le criminologue « clinicien » qui se considère au service de son « patient » et ne s’estime pas concerné par les mesures du code pénal[10],  a  un rôle modelé sur celui du médecin, qui peut comprendre :

  1. le diagnostic et le pronostic de l’état dangereux du « patient » ;
  2. la mise au point des méthodes de « traitement » en vue d’une resocialisation et de l’éventuelle libération du condamné ;
  3. la création des milieux thérapeutiques en institution, ou en dehors, susceptibles d’aider le condamné à regagner sa place dans la société.

Les cliniciens sont connus pour prendre la société telle qu’elle existe en estimant que les hommes qui souffrent ont besoin des services qu’ils tentent de leur prodiguer souvent à l’intérieur de cadres administratifs peu appropriés, entrant en même temps en conflit avec les juristes qui interprètent la loi sans tenir suffisamment compte des données des sciences humaines pour juger et pour imposer leur sentence. On s’accuse alors mutuellement d’arbitraire[11].

  1. L’approche bio-psychologique

Les maîtres à penser de cette école s’appuient sur les données biologiques et psychologiques pour expliquer le comportement criminel chez certains individus. Ainsi, Di Tullio trouve que certains individus ont une constitution personnelle qui englobe à la fois des éléments héréditaires et des éléments acquis durant l’enfance favorisant un « seuil délinquantiel » inférieur à celui des autres individus et les poussant ainsi à commettre des actes criminels contrairement aux autres.[12] Di Tullio qui considère que la physiologie criminelle n’est qu’un sous-ensemble de l’anthropologie criminelle puisque les rapports entre les deux disciplines sont intimes et étroits  tant que le crime est l’expression d’un trouble psychique au sens large, estime enfin que l’homme doit être envisagé dans la totalité de son existence[13]. Le psychiatre français Dupré quant à lui se concentre sur l’importance des instincts dans l’activité humaine. L’excès dans certains instincts comme celui de reproduction risquerait d’entraîner la personne en question dans des actes violents et criminels. Pour le professeur J. Léauté, il s’agit en réalité d’un déraillement du système d’auto-régulation qui canalise d’habitude l’agressivité chez chaque individu, et dont l’atmosphère qui règne dans nos sociétés contemporaines serait en partie responsable.

Rappelons qu’en Allemagne et en Autriche allait naître une nouvelle notion dite « biologie criminelle » tentant au début d’englober à la fois la biologie et la psychologie. Cette notion allait par la suite recevoir une certaine reconnaissance institutionnelle dans le premier quart du XXe siècle. Ainsi, en 1924, le médecin Ferdinand von Neureiter ouvre une clinique de biologie criminelle (Kriminalbiologis-ches Kabinett) dans la prison centrale de Riga et en 1927, il fonde avec Lenz, Seelig, Fetscher et Louis Vervaeck, l’« Association de biologie criminelle » à Vienne. Dans son « Plan d’une biologie criminelle » (Grundriss der Kriminalbiologie), Lenz  écrit en 1927: « Nous plaçons l’être humain au centre du droit pénal et nous cherchons à comprendre son action criminelle comme le résultat de son système individuel de fonctionnement (individuellen Wirkungssystems)… La connaissance biologique signifie la compréhension de la totalité de la personnalité. »[14].

  1. L’approche psycho-morale

En s’appuyant au début sur les conceptions psychanalistiques de Freud pour qui le « Surmoi » des criminels est souvent responsable de leurs actes quand il ne fonctionne pas d’une manière satisfaisante, ce courant se focalise sur la structure de la mentalité du délinquant. Une structure qui peut être antisociale causée par des troubles dans la personnalisation de l’individu. Ainsi,  le criminologue belge Étienne De Greeff trouve que la psychologie de l’homme criminel naît d’un lent processus de conversion, qui le pousse à renoncer à appliquer les règles habituelles de « bonne conduite » étant dégoûté de l’existence telle qu’elle se présente à lui. Pour De Greeff, le criminel est un homme découragé par l’échec de ses expériences sociales qui font naître en lui un assentiment à commettre une agression contre des victimes qu’il jugera et condamnera lui-même[15].

Inspiré de la pensée de De Greeff, Pinatel proposera sa propre explication de la formation de la personnalité criminelle, qui est selon lui, formée d’un noyau central englobant l’égocentrisme, la labilité, l’agressivité et l’indifférence affective et de variantes qui consistent dans des activités qui ont trait aux aptitudes physiques, intellectuelles, techniques, aux besoins nutritifs et sexuels. Le passage à l’acte serait alors gouverné par le noyau central. Les variantes qui sont associées et infléchissent les modalités de l’exécution de l’acte, demeurent neutres. Elles peuvent aussi éclairer la direction générale et la motivation de la conduite criminelle[16].

À partir des années 1860, l’approche et l’explication scientifique vont connaître une obscure tournure après la publication des recherches de certains médecins comme Cesare Lombroso[17],  J. Bruce Thomson et David Nicolson. Ces deux derniers, médecins britanniques de prison, vont publier entre 1869 et 1875, plusieurs articles dans des revues spécialisées comme le Journal of Mental Science, sur la nature des tares mentales et physiques chez les criminels. Commence alors une vraie chasse à l’homme criminel.

II. Dérives et stigmatisation au nom de la médecine

En considérant le comportement criminel comme le résultat d’une hérédité viciée, certains médecins et chercheurs n’ont pas hésité à proposer  comme seul moyen de prévenir les comportements des criminels, leur mise définitive hors du jeu social et l’empêchement de leur reproduction. Interdiction du mariage chez les criminels et les aliénés, stérilisation, castration etc., furent parmi les propositions. Servier, professeur de médecine (École militaire du Val-de-Grâce) écrit en 1901 dans les Archives de Lacassagne « (…) la peine de mort a encore un autre effet, auquel on ne prend pas garde bien qu’il ait une large importance: elle met hors de service un procréateur taré et devient ainsi un puissant facteur de l’amélioration de la race (…) par la suppression de conceptions viciées dans leur germe (…) l’accouplement des assassins réserve une menace constante pour l’avenir, à cause de la mauvaise qualité probable des produits qui en résulteront. Les fils d’un meurtrier risquent fort de venir au monde avec, au fond du cœur, les sanguinaires penchants de leur père (…) au lieu de décapiter les meurtriers, il convient d’en faire des eunuques»[18].

En 1910, Lacassagne publie cet appel du docteur Robert Renthoul de Liverpool  à une stérilisation massive des populations: « Il y a encore la catégorie des gens qui sont pour ainsi dire au bord du précipice : ceux affectés de chorée, les névrosés, les faibles d’esprit, les baroques, les erratiques, les personnes dont le pouvoir mental est si faible qu’un ou deux verres de bière leur enlèvent toute faculté de distinguer entre le bien et le mal. Alors le total serait à faire frémir (…) N’est-il pas temps de nous occuper sérieusement de cette importante question naturelle, de cette génération insensée et inutile d’un nombre de plus en plus grand de dégénérés, car elle nous touche tous de près ; notre criminelle inaction d’à présent est basée sur l’hypocrisie et sur des scrupules de fausse moralité, et n’a aucun véritable rapport avec les souffrances inutiles d’un si grand nombre de pauvres dégénérés »[19].

Commença alors aux Etats-Unis, en Allemagne, dans certains cantons suisses et dans les pays d’Europe du nord[20], une vraie « chasse à l’homme » dont le seul tort est d’être des délinquants, des malades mentaux et alcooliques chroniques, des mendiants et vagabonds, des prostituées etc.

Durant cette époque, stigmatiser certains traits distinctifs des délinquants et leur inhumanité était donc très fréquent. Bertillon qui n’appartient même pas à l’école italienne, demande par exemple aux policiers d’être particulièrement attentifs à l’organe auditif externe, car « l’oreille, grâce à ces multiples vallons et collines qui la sillonnent, est le facteur le plus important au point de vue de l’identification. Immuable dans sa forme depuis la naissance, réfractaire aux influences de milieu et d’éducation, cet organe reste, durant la vie entière, comme le legs intangible de l’hérédité et de la vie intra-utérine. ». [21]Ou Locard qui écrit : « Un policier qui sait son état ne perd pas son temps à dévisager l’homme à reconnaître : il regarde son oreille gauche. En une seconde il est fixé. J’ai connu un criminel de marque qui n’avait plus d’oreille gauche. Il ne s’en était pas défait sans raison »[22].

Bertillon est le père du «bertillonnage », c’est-à-dire l’indexation des traits distinctifs des délinquants par la photographie judiciaire. Ainsi le « portrait parlé » écrit J. PINATEL à propos du «bertillonnage », « peut se définir comme un nouveau mode de signalement : grâce à un processus de parcellisations successives, chaque organe du visage est décomposé en caractères élémentaires ; sans recourir à aucun instrument, ses caractéristiques sont ensuite systématiquement relevées, codées et enregistrées sur une fiche signalétique. Le relevé des marques particulières (les cicatrices, les tatouages, les grains de beauté) consiste à localiser, sur la surface du corps du délinquant, des «points de détail, comme l’écrit Bertillon, qui suffisent pour affirmer l’identité d’un délinquant et le distinguer de ses semblables» »[23]. Rappelons que bien avant Bertillon, Franz Joseph Gall songeait à l’anthropométrie comme une aide à la décision judiciaire. Francis Galton a lui aussi coopéré avec le Ministère de l’Intérieur britannique à la fin des années 1870 sur un projet de recherche  dont l’objectif était de déceler un « criminel-type » par le biais du portrait photographique. Une technique appelée le « portrait composite » censée permettre aux forces de l’ordre d’identifier les futurs récidivistes. Le projet a été abandonné par la suite[24].

Criminels “faible d’esprit” (weak-minded) d’apres Nicolson (1875)

Aperçu des travaux de Nicolson in David Nicolson, « The Morbid Psychology of Criminals », Journal of Mental Science, vol. 19, 1873, vol. XX, 1874, et vol. XXI, 1875.

Dans les plus grands pays européens comme l’Italie, l’Allemagne, la France etc., des chercheurs et des médecins allaient jusqu’à comparer les criminels avec des animaux[25]. Les propos du docteur Gustave Le Bon en 1881 en disent long « Quand une vipère, un chien enragé me mord, je me soucie peu de savoir si l’animal est responsable ou non de son méfait. Je tâche de me protéger en l’empêchant de nuire et de nuire à d’autres : voilà ma seule préoccupation. (…) Nous pouvons plaindre les individus doués d’une organisation qui les condamne aux actions mauvaises, plaindre ceux qui ont la stupidité, la laideur ou une santé débile en partage, tout comme nous plaignons l’insecte que nous écrasons en passant ou l’animal que nous envoyons à l’abattoir ; mais c’est là une compassion vaine qui ne saurait les soustraire à leur destinée »[26].

Les propos du docteur Charles Féré, en 1888 dans sa synthèse intitulée Dégénérescence et criminalité, sont encore plus brutaux « la criminalité est plus souvent qu’aucune autre dégénérescence une maladie de famille », une dégénérescence héréditaire « directe », une « forme inférieure de la dégénérescence (…) Les impotents, les aliénés, criminels ou décadents de tout ordre, doivent être considérés comme des déchets de l’adaptation, des invalides de la civilisation. Ils ne méritent ni haine ni colère ; mais la société doit, si elle ne veut pas voir précipiter sa propre décadence, se prémunir indistinctement contre eux et les mettre hors d’état de nuire »[27].

Le médecin et membre de l’Académie de médecine Maurice de Fleury, quant à lui, va encore plus loin dans son ouvrage L’âme du criminel (1898) : « On les soigne, pourtant ; on les élève en cage, on les préserve de la mort. Pourquoi faire grand Dieu ! Est-il vraiment humain de laisser respirer ces monstres, ces êtres de ténèbres, ces larves de cauchemar ? Ne pensez-vous pas, au contraire, qu’il serait ici plus pieux de les tuer, d’anéantir cette laideur et cette inconscience, que la souffrance même n’ennoblit pas ? Pour tous ces incurables, j’entrevois la suppression légale, autorisée, la mort libératrice, sans aucune souffrance, presque consolatrice, une mort douce, à peine triste, anéantissant l’inutile laideur, rétrécissant l’insupportable champ de l’horreur vaine, du mal pour rien »[28].

Les recherches morphologiques[29] qui se focalisent sur les anomalies organiques (crânes, visages, membres etc.) n’ont jamais été prouvées scientifiquement. Ces anomalies peuvent par contre avoir un impact douloureux et néfaste sur la personnalité intellectuelle de la personne en question, causant certaines perversions durables et troubles dans le comportement.

Liste bibliographique

  • Cusson Maurice et André Normandeau, « Une criminologie francophone en Amérique depuis 1960 : bilan et perspectives ». In Criminologie et société. Le Criminologue dans la Cité hier, aujourd’hui, demain. Actes du colloque du 50e anniversaire de l’École liégeoise de criminologie Jean Constant. 25-26 octobre 1996. Sous la direction de Georges Kellens et André Lemaître. Université de Lièges. Établissements Émile Bruylant, SA, Bruxelles 1998.
  • Davie Neil, « Identifier les tueurs-nés », Le Monde diplomatique, décembre 2002.
  • Davie Neil, « Une des défigurations les plus tristes de la civilisation moderne: Francis Galton et le criminel composite », in Michel Prum , Les Malvenus : Race et sexe dans le monde anglophone, Paris, L’Harmattan, 2003.
  • Gassin Raymond, Criminologie. Dalloz 4ème Ed. Paris, 1998.
  • Mucchielli Laurent, « Criminologie, hygiénisme et eugénisme en France (1870-1914) » : débats médicaux sur l’élimination des criminels réputés «incorrigibles» ». Revue d’histoire des sciences humaines, n° 3, 2000.
  • Nicolson David, « The Morbid Psychology of Criminals », Journal of Mental Science, vol.19, 1873, vol. XX, 1874; vol. XXI, 1875.
  • Nhi Barte Henri et Georges Ostaptzeff, Criminologie clinique. Editions Masson, 1 mai 1992.
  • Picca Georges, La criminologie. PUF. Que sais-je ?, 4ème Ed. Paris, 1996.
  • PINATEL, J., Le phénomène criminel, MA Editions, Paris, 1987.
  • Pires Alvaro, « La criminologie d’hier et d’aujourd’hui » in Christian Debuyst, Françoise Digneffe, Jean-Michel Labadie et Alvaro P. Pires : Histoire des savoirs sur le crime et la peine. Tome I. Des savoirs diffus à la notion de criminel-né. Les Presses de l’Université de Montréal, Les Presses de l’Université d’Ottawa et De Boeck Université. Collection: Perspectives criminologiques. 1995.
  • Slimani Chahid, Criminologie , Oumayma Fès, 2011.
  • Szabo Denis, Criminologie et Politique Criminelle. Librairie philosophique J. VRIN. Paris; Les Presses de l’Université de Montréal. Montréal, 1978.
  • Szabo Denis, « Entre l’arbre et l’écorce: la recherche criminologique au Canada (1960-1985) ». Revue Criminologie, vol. 19, no 1, 1986.

[1] Bien que l’anglais Thomas More (1478-1535) est souvent présenté comme l’un des pionniers de la recherche d’une explication, moins morale et juridique, mais plus sociologique du crime.

[2] Georges Picca, La criminologie. PUF. Que sais-je ?, 4 ème Ed. Paris 1996. p. 16.

[3] Laurent Mucchielli, « Criminologie, hygiénisme et eugénisme en France (1870-1914) »: débats médicaux sur l›élimination des criminels réputés «incorrigibles» ». Revue d’histoire des sciences humaines, n° 3, 2000. p. 69.

[4] Citons à titre d’exemple la statistique, l’observation clinique etc.

[5] Cf. Chahid Slimani, Criminologie, Oumayma Fès, 2011.

[6] André Normandeau et Maurice Cusson, « Une criminologie francophone en Amérique depuis 1960: bilan et perspectives ». In Criminologie et société. Le Criminologue dans la Cité hier, aujourd’hui, demain. Actes du colloque du 50e anniversaire de l’École liégeoise de criminologie Jean Constant. 25-26 octobre 1996. Sous la direction de Georges Kellens et André Lemaître. Université de Lièges. Établissements Émile Bruylant, SA, Bruxelles 1998. p. 70.

[7] André Normandeau et Maurice Cusson, op. cit., p. 69.

[8] Cf. Denis Szabo, « Entre l’arbre et l’écorce: la recherche criminologique au Canada (1960-1985) ». Revue Criminologie, vol. 19, n° 1, 1986. p. 34.

[9] Raymond Gassin, Criminologie. Dalloz 4 ème Ed. Paris 1998, p. 579.

[10] Cf. Denis Szabo, Criminologie et Politique Criminelle. Librairie philosophique J. VRIN. Paris; Les Presses de l’Université de Montréal. Montréal. 1978, p. 283.

[11] Denis Szabo, Criminologie et Politique Criminelle, op. cit. p. 296.

[12] Cf. Raymond Gassin, Criminologie, op. cit. p. 210.

[13] Cf. Henri Nhi Barte et Georges Ostaptzeff, Criminologie clinique. Editions Masson, 1 mai 1992. p. 5.

[14] Cité par Alvaro Pires, « La criminologie d’hier et d›aujourd’hui » in Christian Debuyst, Françoise Digneffe, Jean-Michel Labadie et Alvaro P. Pires : Histoire des savoirs sur le crime et la peine. Tome I. Des savoirs diffus à la notion de criminel-né. Les Presses de l’Université de Montréal, Les Presses de l’Université d’Ottawa et De Boeck Université. Collection: Perspectives criminologiques. 1995, p. 63.

[15] . Denis Szabo, Criminologie et Politique Criminelle, op. cit. p. 22.

[16] . Ibid. p. 23.

[17] .  En 1876, l’italien Cesare Lombroso, médecin militaire et professeur de médecine légale, va publier son célèbre ouvrage « Uomo delinquante » (l’homme criminel), révélant sa théorie sur le « criminelné» et marquant ainsi le point de départ de la criminologie scientifique. Pour Lombroso  des facteurs anthropologiques seraient responsables de la constitution de traits caractéristiques bien définis qui révèleraient l’existence d’un type criminel.

[18] Cité par Laurent Mucchielli, « Criminologie, hygiénisme et eugénisme en France (1870-1914) »: débats médicaux sur lélimination des criminels réputés «incorrigibles» », op. cit. p. 85.

[19] Ibid. p. 87.

[20]L’expérience scandinave en la matière est frappante. En Suède, entre 1935 et 1976, 60 000 personnes, (93 % de femmes) ont été stérilisées.

[21]A. BERTILLON, La photographie judiciaire. Paris, Gauthier-Villars, 1890. Cité par J. PINATEL, Le phénomène criminel, MA Editions, Paris. 1987, p. 46.

[22] Cité par J. PINATEL, op.cit. p. 46.

[23] J. PINATEL op.cit. p. 45.

[24] Neil Davie, « Identifier les tueurs-nés », Le Monde diplomatique, décembre 2002, p.31 ; Neil Davie, «Une des défigurations les plus tristes de la civilisation moderne : Francis Galton et le criminel composite», in Michel Prum, Les Malvenus : Race et sexe dans le monde anglophone, Paris, L’Harmattan, 2003, p. 191-220.

[25] Louis Proal, Conseiller à la Cour d›Aix leur répond en 1890 ainsi « on a le droit de dire à ceux qui veulent détruire les criminels comme des animaux nuisibles : avant de les éliminer, prouvez que ce ne sont pas des hommes, que ce sont des vipères ou des chiens enragés, des monstres à face humaine. Cette preuve personne ne l›a encore faite jusqu’ici. Le crime altère la nature humaine mais ne la supprime pas ; le criminel ne cesse pas d›appartenir à l’humanité. (…) une métaphore ne suffit pas pour changer un homme en une bête malfaisante. Sans doute, l›homme peut s›abaisser jusqu›à l›animalité (…). Mais, par nature, l›homme criminel n›est ni un tigre, ni un singe, ni un loup, un renard, ni une taupe ; l›homme criminel est un homme ». Cité par Laurent Mucchielli, « Criminologie, hygiénisme et eugénisme en France (1870-1914) »: débats médicaux sur l›élimination des criminels réputés «incorrigibles» ». op.c.it p. 69.

[26] Cité par Laurent Mucchielli in Laurent Mucchielli, « Criminologie, hygiénisme et eugénisme en France (1870-1914) »: débats médicaux sur l›élimination des criminels réputés «incorrigibles» ». Op. cit. p. 67.

[27] Ibid.

[28]  Ibid.

[29]  Morphologie : Étude comparative de la forme des êtres vivants, des homologies existant entre eux et entre leurs organes. La morphologie est essentielle à la reconstitution de la phylogénie des groupes et doit alors, autant que possible, prendre en considération les êtres fossiles. / Cette forme elle-même, envisagée comparativement

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